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06 juillet 2022

Vers une augmentation des salaires chez ECP ?

 

« Compenser l’inflation ce n’est pas souhaitable » 

« on » nous dit qu’augmenter les salaires, c’est augmenter l’inflation, et que l’inflation c’est mal. Bouh.

Alors là, tout dépend pour qui. L’inflation c’est mal pour les gros épargnants, pour les rentiers, qui voient effectivement leur capital se faire grignoter d’année en année. Pour les travailleurs, tant que le salaire suit, ce n’est pas un problème. Et au contraire aujourd’hui c’est notre travail qui perd de la valeur.

Au prétexte de vouloir limiter l’inflation, on fait pression sur les salaires. Mais les prix augmentent tout de même ! Et les profits aussi, c’est magique. Sauf que les profits, nous n’en voyons (quasiment) pas la couleur. Ils sont très peu réinvestis et contribuent ainsi toujours plus au creusement des inégalités.

Lorsque nous avions commencé à évoquer le problème de l’inflation et des salaires il y a quelques mois, la direction nous avait renvoyés dans les cordes en arguant que « ce n’est pas à l’entreprise de compenser les effets de l’inflation, mais au gouvernement ». Et l’entreprise estime aussi tout à fait normal que le gouvernement lui offre des cadeaux pour « lui permettre d’être plus compétitive », sans n’être jamais redevable de quoi que ce soit. Les dispositifs sont nombreux : allègement de cotisations patronales sur les salaires jusqu’à 1,6 SMIC (soit 2633€ bruts), aide à l’emploi des apprentis, crédit d’impôts recherche (CIR), dispositifs d’activité partielle et autres mesures offertes lors de la crise sanitaire… Pour autant « on » ne peut pas se permettre d’augmenter les salaires.

 

« Compenser l’inflation ce n’est pas possible » ou, variante ECP, « notre modèle économique n’y survivrait pas »

De quel modèle parle-t-on ? C’est très simple : on n’augmente pas les salariés les moins volatiles (en général les plus âgés), on recrute massivement en sortie d’école, et on espère que les jeunes ne resteront pas trop longtemps pour qu’ils partent avant d’avoir à « trop » rémunérer leur travail.

Ainsi en 2021 chez ECP, si le taux journalier moyen (de facturation) a augmenté, retrouvant même un niveau supérieur à celui de 2019, le salaire moyen lui, n’évolue quasiment pas.

Quant au partage du résultat, chacun se fera son idée (1) :

  • En 2022, nous avons chacun touché une petite prime de participation aux bénéfices 2021 d’environ 580€ pour une année de présence complète à temps plein, soit une enveloppe totale de 241 000€
  • En 2022, un dividende d’1,5 million d’euros va être versé à Assystem SA, soit, cette année encore, plus que le montant du résultat net

En commission économique l’an dernier, la direction affirmait que 50% des dividendes versés par Assystem SA étaient conservés en réserves pour pouvoir investir. Soit.

  • Premièrement, investir en rachetant des sociétés déjà existantes, qui plus est à l’étranger n’est absolument pas générateur d’emplois et de progrès social, seul l’actionnaire y trouve son compte. De plus, on observe en fait que la plus grosse partie est financée par emprunt bancaire (cas notamment de la société indienne STUP, rachetée en 2021 par Assystem)
  • Deuxièmement, il est surprenant de constater qu’en 2020 Assystem SA a reçu 23 millions d’euros de dividendes de ses filiales (2) et en a elle-même distribué près de 16 millions d’euros à ses actionnaires. A peine plus de 50%...

A côté de ça, la direction refuse l’application immédiate des nouveaux minimas conventionnels, refuse encore toute idée d'augmentation générale des salaires, fait passer des cadres de 38,5h hebdo à 37h hebdo dans le seul but de ne pas les rémunérer au moins à hauteur du PMSS, comme le prévoient les dispositions de l’accord sur la réduction du temps de travail, refuse toute revalorisation (même temporaire) des IK pour soutenir le pouvoir d’achat des salariés.

En résumé :

Les prix de vente augmentent, le salaire moyen évolue très peu et Assystem SA se taille la part du lion.


Le schéma ci-dessous (3) nous donne un petit aperçu de la considération qui est faite des salariés chez Assystem :

Les salariés, pourtant seuls créateurs de la richesse chez Assystem n’apparaissent qu’au 2èmerang ! Que faut-il en déduire ? que nos attentes et demandes ne sont pas perçues comme légitimes ? qu’il n’y a aucune urgence à les prendre en compte ? Que si les salariés n’étaient pas là, Assystem pourrait continuer à répondre aux besoins des clients ?


 

 

(1) données issues du rapport de gestion 2021 - ECP

(2) cf : comptes sociaux 2020 – Assystem SA – tableau des filiales et participations

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